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Présidentielle 2009 : BEN ALI aurait pu nous épargner cette farce!

Proposé par Taoufik Ben brik le Mardi 22 septembre 2009
Ben Ali « Des élections ! Mais pourquoi faire ? », titre Attariq Aljadid, l'organe du mouvement Attajdid ( ex Parti Communiste Tunisien ) daté du 5 septembre 2009. « Parler des élections présidentielles ? Vous me faites marcher j’espère! On n’a ni élections et encore moins des présidentielles. Où est-ce que vous avez rencontré un président sortant ? Un vrai. Des candidats ? Des vrais. Des électeurs ?... Des observateurs ? Des isoloirs ? Des urnes ? Une campagne? Tout est bâtard.
Je rêve d’avoir une carte d’électeur. Pour mon petit fils! Même pas pour mon fils. Alors revenez me voir dans une autre vie", s’esclaffe Ayachi Hammami, avocat et éternel président des comités de soutien aux candidats malchanceux.
Ben Ali n’en a cure. Le voilà parti pour un énième mandat. Le 26 août il a déposé devant le conseil constitutionnel sa candidature pour les élections présidentielles d’octobre 2009. D’où le blues de Lumumba Mohsni, un opposant réfugié politique en France : « Ben Ali, a-t-il vraiment besoin des élections pour y rester ? Il aurait pu s’épargner et nous épargner cette farce de mauvais goût. »

En fait, Ben Ali a mis en place depuis 2002, tout un dispositif constitutionnel pour se maintenir président à perpète. Le texte fondamental initial prévoyait son départ en 2004. La nouvelle réforme constitutionnelle sur mesure qui a été approuvée le 26 mai 2002 lui permet de se présenter au moins encore deux fois. Il a fait des émules. Bouteflika d’Algérie, Chavez du Venezuela se sont inspirés du Benalisme. On lui concède tout de même ce mérite.
Désormais, tout est clos. Sans issue. « Dans ces conditions, il n’y a que le boycott. Participer c'est collaborer et c'est légitimer l’usurpateur » dit Hamma Hammami, chef du parti Communiste Ouvrier Tunisien, non reconnu. Même avec ce dispositif cimenté, Ben Ali trouve toujours le « détail » à fignoler.
Avant le vote déjà, les membres des commissions de mise à jour des listes électorales sont désignés par le Rassemblement Constitutionnel Démocratique, RCD, le parti-Etat au pouvoir depuis l’indépendance en 1956. Les seules réclamations admises concernent la distribution des cartes d’électeurs. Le jour du vote, la fraude est facilitée. Le RCD tient les bureaux, l’isoloir n’est pas obligatoire et la carte d’électeur est facultative. Même les morts participent. Quant aux dépouillements, ils se déroulent à huis clos.
Autre artifice: un candidat à la présidentielle doit être parrainé par trente élus. Hormis le président sortant, personne n’est en mesure de remplir cette condition, sauf si le président lui donne trente élus. En fait, les dés sont pipés : le président sortant choisit lui-même ses adversaires. Sinon pour se porter candidat, il faut être depuis au moins deux ans et sans interruption le numéro un d’un parti. Le mécanisme imaginé par le palais de Carthage est ingénieux, mais manque de suspense! « Par ces entourloupettes, on essaie de m’éliminer, d’exclure Mustapha Ben Jaafar, le chef du Forum Démocratique pour les Libertés et le Travail et on dénie au mouvement Attajdid le droit de désigner librement son propre candidat. », explique Néjib Chebbi , fondateur du Parti Démocratique Progressiste qui vient de retirer sa candidature.

Au bout du compte, de telles règles ne laissent émerger en tout et pour tout que trois adversaires. Et quels adversaires ! Les zéros et quelques poussières. Les mauvaises langues les nomment zéro virgule, 007 ... James Bond pour Ben Ali. Deux d’entre eux (Bouchiha chef du Parti de l’Unité Populaire et Inoubli chef de l’Union Démocratique Unioniste) soutiennent Ben Ali depuis son arrivée au pouvoir en 1987. Ils n’ont aucune chance. Ils le savent pertinemment et le proclament publiquement.
 Vrais Faux opposants, transfuges du parti au pouvoir, dirigeants de formations politiques aux allures de chapelles, les trois adversaires de Ben Ali affichent un profil bas. Critiquer le président sortant ? L’idée ne les a même pas effleurés ! Accéder au pouvoir ? Hum...Ils se battront, c’est promis. Pour Ben Ali. Un seul slogan à leur disposition :
BEN ALI POUR L’ ETERNITE.
La seule inconnue du scrutin est le score du président « sortant» - Partant pour les Tunisiens. Partant pour un nouveau mandat-. En 1989 Ben Ali avait obtenu 99,27% des suffrages. 99,91% en 1994, 99,44% en 1999 et 94,49% en 2004. D’où la première question, et seule difficulté, qui se pose à l’automne 2009, à la mesure de cette dérisoire parodie de démocratie qui se joue à ciel ouvert : quels maigres scores, compatibles avec sa susceptibilité, Ben Ali concèdera-t-il à ses opposants?
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