UE-Tunisie:reprise des négociations sur le statut avancé et crise de légitimité

Ce lundi 27 septembre, se réunit, à Bruxelles, le conseil d’association UE-Tunisie pour examiner la demande tunisienne d’octroi du « statut avancé » dans le cadre du partenariat. Ce second round pour les négociations de ce statut tant réclamé par Tunis, s’ouvre alors que le régime de M. Ben Ali vient d’être gravement flétri par la condamnation de M. Khaled Ben Saïd, haut fonctionnaire du ministère Tunisien de l’Intérieur, à 12 ans de prison pour torture par la cour d’appel de Nancy.
Lors de la première manche, le 11 mai dernier, notre brave ministre des Affaires Etrangères, Kamel Morjane, s’était fait, gentiment mais fermement, rappeler à l’ordre par ses collègues Européens. Ceux-ci, après avoir décidé la création d’un groupe de travail ad-hoc, et «[souligné] que le statut avancé va de pair avec des engagements plus forts des parties», ont exigé «une progression dans la consolidation de l’Etat de droit».

 Surtout, ils ont « [encouragé] le gouvernement tunisien à intensifier ses efforts sur la voie des réformes, notamment en matière de pluralisme et de participation démocratiques, d’indépendance de la justice, des libertés d’expression et d’association, et de protection des défenseurs de droits de l’homme.» 
Ces propos restèrent confinés dans la discrétion des sphères diplomatiques et Bruxelles n’envisagea aucune mesure destinée à les appuyer, amenant certains défenseurs de droits humains à pointer du doigt un « double langage ».
 Côté tunisien, la «pédagogie» européenne eut l’effet inverse de celui escompté : au lieu d’inciter Tunis à revoir sa copie, cette déconvenue souleva l’ire du président tunisien qui, avec sa légendaire « subtilité diplomatique », décoda parfaitement le message et fit des remontrances à son ministre des Affaires étrangères de n’avoir pas claqué la porte et quitté la table de négociation.
 Il en fit surtout porter la responsabilité aux défenseurs de droits humains tunisiens. 
Ceux-ci n’ont cessé de dénoncer les violations par la partie tunisienne ses engagements souscrits dans le cadre du partenariat Euromed - notamment ceux contenus dans l’article 2, et d’appeler les partenaires européens à exiger leur respect conformément aux termes de l’accord.
 Ils avaient dans ce cadre effectué une tournée de plaidoyer le 28 avril dernier dans la capitale espagnole pour sensibiliser la présidence espagnole de l’UE sur le danger de voir ce « statut avancé » se transformer en « prime à la dictature.»

 Coup de sang à Carthage
 Ce coup de colère de Ben Ali aboutira à l’adoption par le conseil des ministres, le 19 mai 2010, d’un projet de loi sur la «sécurité économique» surnommé par les ONG « la loi des traitres ». 
Voté le 15 juin, cet amendement du code pénal (article 61bis) sanctionne lourdement tout Tunisien incitant une «partie étrangère» à «nuire aux intérêts économiques» du pays.
 Plusieurs ministres ont expliqué que cela concernait aussi le fait de s’opposer à l’octroi du statut de partenaire avancé par l’UE, ainsi reléguée dans la posture d’une partie ennemie. 
Si Bruxelles n’a toujours pas réagi officiellement, la bravade a suscité nombre de réactions au Parlement européen, au conseil et même à la Commission.
 Une audition à la sous commission des droits de l’homme avait eu lieu le 24 juin dernier où la représentante du CNLT a été invitée à s’exprimer sur la question ; Les représentants du régime tunisien se sont invités à la partie ; comme c’est souvent le cas, leur maladroit plaidoyer à tourné en faveur des défenseurs de droits humains tunisiens ; ils ont cru bon d’affirmer que des lois qui criminalisent les critiques des politiques gouvernementales existent dans tous les pays démocratiques !
 Les réactions indignées des députés européens ont été nombreuses et la présidente a décidé d’une seconde audition sur la Tunisie le 25 octobre prochain.
 Un projet de résolution est en vue, tandis que se concoctent toute une série de représailles budgétaires au cas où cette loi liberticide n’est pas abrogée.
 Quant à l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, il déclare dans une conférence de presse : «les auteurs de cet amendement nuisent en fait aux intérêts de la Tunisie car, en raison même de cet article liberticide, le parlement européen refusera son avis conforme à un éventuel accord sur le « statut avancé » à octroyer à la Tunisie. 
Je pense que si cet article 61 bis, un texte tellement limpide et bête, entre en vigueur, il y aura une claire majorité au Parlement européen pour suspendre tout progrès avec la Tunisie ». 
Cette crispation diplomatique au sommet du pouvoir a déjà entraîné la Tunisie dans un cycle de déboires. Ayant amèrement accueilli le choix de Barcelone comme siège de l’Union pour la Méditerranée que Sarkozy lui avait promis en 2008, Ben Ali a dû, dans la foulée voir le secrétariat général, convoité pour un de ses collaborateurs, attribué à un jordanien après un nouveau lâchage de Paris.
 
Le "statut avancé" avec l'UE pour pallier le déficit de légitimité  
Contrairement à ce qui est avancé, l’avantage de l’octroi du statut de partenaire avancé n’est en rien économique ; les relations économiques étant régies par le plan d’action de la politique européenne de voisinage qui est venu à expiration en Juillet 2010 et que Tunis , à l'occasion de son renouvellement, voudrait rebaptiser tout simplement « plan de statut avancé » avec la complicité de certains membres influents de la commission européenne.
En réalité, le bénéfice escompté par Ben Ali est politique, rien que politique.
S’il s’est, habilement, imposé à l’Europe comme un partenaire incontournable pour gérer les phobies sécuritaires européennes - menace terroriste et immigration clandestine - allègrement alimentées par le vent de populisme qui secoue le vieux continent, Ben Ali n’en reste pas moins obsédé par son déficit de respectabilité.
En mal de légitimité, il sait que son 5e mandat arraché par la fraude n’a convaincu personne, même à l’intérieur de ses propres rangs. Le président Obama s’est abstenu de l’en féliciter, de même que la présidence Suédoise de l’Union Européenne.
Le tripatouillage annoncé de la Constitution, en vue de permettre un sixième mandat en 2014, ne devrait pas arranger les choses ; même si les thuriféraires du régime, et notamment le courtisan en chef Abdelwahab Abdallah, ont cru bon de faire précéder cette énième manipulation de la Constitution par une campagne de « mounachada » à Ben Ali (appels à renouveler son mandat en 2014), avec la fameuse « pétition des mille », émanant prétendument de l’élite tunisienne où se mélangent médecins, cinéastes et flics, dont une partie a choisi le parti de la compromission, l’autre a vu son nom affiché sur la liste sans même avoir été consultée. Tablant sur le fait qu'une contestation publique peut avoir un coût disproportionné sur une carrière qu'un silence résigné, les propagandistes ne se sont pas gênés pour rallonger abusivement ces listes.     
De toute évidence, cette campagne de mounachada est assez révélatrice de cette crise de légitimité dont souffre le régime dans un contexte de fin de règne et de lutte de clans qui pose de grandes interrogations sur le futur du pays aux partenaires traditionnels.

1- Les ONG de droits humains (LTDH ; ATFD ; CNLT ; CRLDHT)

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  1. *  a écrit le 05.10.2010 18:23
    COMMENT TROUVER UNE LIGITIMITE CHEZ BENALI  IL NE FAUT PAS LA RECLAMER A AUCUN DE CE QUI CEUX DISENT  AU POUVOIR IL FAUT L'ABATRE DE SANG FROID LUI ET SA FAMILLE DE BARBOUZES
  2. *  a écrit le 05.10.2010 13:03

    Le partenariat UE et Ben ali sont les suivant:UE dit à ben ali: faites nous venir votre jeunesse clandestinement parce que nous ne pouvons nous permettre de lourdes charges patronales "MEDEF" de plus cela ferat une main d'oeuvre bon marché. Fidele lui ben ali ils les envoient car il n4y a aucune proposition d4avenir pour l'imense mojorité d4entre elle. Ainsi sont traitées les affaires par Carthage et le quai d4orsay


    Temps en temps ils  font un tape main ou une visite sur Monaco.


     


  3. *  a écrit le 05.10.2010 12:35
    TENDI VOS OREILLE SUR TV7 ET REGARDI AVEC VOS YEUX IL  FON  PARLEI KE DE CE R5ISSE  DE SA 7AJEMA  SI SI PA UN HOME  DE 5KHER
  4. *  a écrit le 01.10.2010 20:21
    BEN ALI EST DECHU DE L'HUMANITË VOUS PARLEZ EN LUI POSITIVEMENT C'EST HONTEUX DE VOTRE PART
  5. *  a écrit le 01.10.2010 16:46
    Ben ali il est centré sur du favorable parce qu'il veut vivre vieux pour faire un 6ème mandat il a raison tant qu"il peut sous le nez des Tunisiens.
  6. *  a écrit le 30.09.2010 11:53

    <span style="FONT-FAMILY: "Verdana", "sans-serif"; COLOR: #595959"><span style="FONT-SIZE: small">Bonjour, Martine des Bouches du Rhône,


     

    </span></span>

    <span style="FONT-SIZE: small"><span style="FONT-FAMILY: "Verdana", "sans-serif"; COLOR: #595959">Les attributions des </span><span style="FONT-FAMILY: "Calibri", "sans-serif"; COLOR: black">Business </span><span style="FONT-FAMILY: "Verdana", "sans-serif"; COLOR: #595959">acquis de façon illégales par des moins que rien comme El Matri vont ils être réattribués  aux ayants droit en cas de révolution en Tunisie?  Des gens disent que les Tunisiens en on marre et qu'il y a un risque de soulèvement du fait des inégalités sociales en Tunisie.


     

    </span></span>

    <span style="FONT-FAMILY: "Verdana", "sans-serif"; COLOR: #595959"><span style="FONT-SIZE: small">Merci d'avance


     

    </span></span> <p style="MARGIN: 10pt 0cm 10pt -2.85pt" class="MsoNormal">

     


    <span style="COLOR: #000000; FONT-SIZE: small"> </span>


     


  7. *  a écrit le 30.09.2010 11:43
    LES TRABELSI DEPOUILLENT TOUT LE MONDE EN TUNISE
  8. *  a écrit le 30.09.2010 11:42

    Le livre de: la régente de Carthage le livre de: Catherine GRACIET et Nicolas Beau


    http://www.facebook.com/?sk=messages&tid=1505565452769#!/video/video.php?v=1262684226618


    qui peut voir là?


  9. *  a écrit le 27.09.2010 13:56

    <b style="mso-bidi-font-weight: normal"><span style="FONT-FAMILY: "Verdana", "sans-serif"; COLOR: #595959"> </span>


    <b style="mso-bidi-font-weight: normal"><span style="FONT-FAMILY: "Verdana", "sans-serif"; COLOR: #595959"><span style="FONT-SIZE: small">Justement, hier j'ai vu le Film indigènes je crois que le code de l'indigénat va rester en vigueur si il n'y a pas une prise de conscience sur la capacité d'un peuple à être maître de ses décisions. 


     

    </span></span>




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