UE-Tunisie: réformes politiques et statut avancé sont indissociables
Le chef de la mission de l'Union européenne en Tunisie Adrianus Koetsenruijter, a tenu une conférence de presse le lundi 11 Octobre au siège de la Délégation à Tunis au cours de laquelle il a évoqué l'état d'avancement des négociations entre la Tunisie et l'UE sur le statut avancé du partenariat qui ont démarré à Bruxelles le 27 septembre.
« J’ai un bon sentiment concernant les négociations qui se déroulent actuellement entre les responsables tunisiens et leurs homologues au sein de la commission européenne, mais en ce moment je ne peux rien vous dire. » a-t-il déclaré.
L'ambassadeur de l'UE a ajouté que les négociations suivent leur cours normal et annoncé que la prochaine réunion se tiendra à la fin du mois d'octobre 2010 à Tunis.
En effet, de source Bruxelloise, cette réunion tenue le 27 septembre a vu la mise en place de comités ad hoc thématiques sur les différents volets du partenariat.
Rappelons qu'elle réunissait les structures conjointes établies par l'Accord d'Association qui assurent le suivi de la mise en œuvre du partenariat.
Actuellement le contenu de ce partenariat est développé dans le Plan d'Action, adopté en mai 2005 et qui est une sorte de feuille de route contenant des objectifs stratégiques pour la coopération bilatérale entre l'UE et la Tunisie.
Ce plan arrive à échéance en décembre 2010 et aurait dû être renouvelé, mais la partie tunisienne avait formulé son souhait de le voir rebaptiser « plan d'action- statut avancé », ce que la partie européenne a refusé, arguant du fait que le statut avancé devait au préalable fait l'objet d'une négociation.
Le compromis qui a été trouvé consistait à prolonger d'un an l'ancien plan d'action, en attendant que les négociations sur le nouveau statut aboutissent.
Selon des informations qui ont filtré de cette réunion à Bruxelles, Stefan Füle, le commissaire à l’élargissement et à la politique de voisinage, avait rappelé dans une allocution introductive la position de l'UE formulée le 11 mai dernier lors du Conseil d'association et qui souligne que le statut avancé « va de pair avec des engagements plus forts … dans la consolidation de l'Etat de droit » et il « encourage l'Etat tunisien à intensifier ses efforts sur la voie des réformes, notamment en matière de pluralisme, et de participation démocratique, d'indépendance de la justice, des libertés d'expression et d'association et de protection des défenseurs de droits humains ».
Rappelons que le commissaire Füle a rencontré une délégation de leaders d'ONG internationales quelques jours auparavant, composée de Souheyr Belhassen, présidente FIDH, Kamel Jendoubi, président REMDH, Hassiba Haj Sahraoui, responsable MENA d'Amnesty International ainsi que du représentant de Human rights Watch, qui ont débattu avec lui de l'article 61bis du code pénal, cet amendement qui criminalise le travail de plaidoyer des défenseurs auprès des institutions de l'UE.
Cet amendement a choqué de nombreux partenaires européens au Parlement, au Conseil et à la Commission; Lors d'une tournée de plaidoyer effectuée les 12 et 13 octobre par Kamel Jendoubi, le président du Réseau Euromed et Sihem Bensedrine, porte parole du CNLT, auprès de ces institutions, l'accent a été mis sur cette loi scélérate et de nombreux partenaires leur ont déclaré que le statut avancé ne sera pas accordé si cette loi n'était pas abrogée.
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