Sarkozy aurait aidé Kadhafi à réprimer des opposants libyens

Proposé par redaction le jeudi 12 avril 2012

Le régime libyen a impunément surveillé des réfugiés politiques à Paris, à l’époque du rapprochement Sarkozy/Kadhafi,, affirme le site d’information MediaPart dans un article du 10 avril.

Ces révélations sont basées sur des documents retrouvés à Sabah (Sud de la Libye) à la fin de la guerre civile, par Jomode Elie Getty, un Libyen vivant en France. « Après l’intervention de Bachir Saleh, dont les contacts avec Claude Guéant sont notoires, des moyens ont été déployés en France contre nous qui n’étaient pas légitimes », a-t-il déclaré lors d’un entretien avec MediaPart.
 « Je ne suis qu’un militant : j’ai créé un site d’information, organisé des expositions, j’ai cherché à faire connaître la culture touboue. J’ai été surveillé illégalement et des amis ont disparu à la suite de ces surveillances ».

 Jomode Elie Getty, un réfugié toubou (une culture réprimée par le régime de Kadhafi) a mis la main sur le dossier le concernant établi par les services secrets libyens. Ses 5 600 pages contiennent de nombreuses preuves de la complicité de leurs homologues français.
 Il est sur le point de déposer plainte contre Bachir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi, actuellement protégé par la France (Le Canard Enchaîné a révélé que ce dernier avait été exfiltré par les Français pendant la guerre et qu’il disposait aujourd’hui d’une protection policière).
 Mais aussi contre le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, et le président Nicolas Sarkozy.

 Il a notamment retrouvé un rapport des services de renseignements libyens
daté du 20 novembre 2007 (deux semaines avant la visite très critiquée de Kadhafi à Paris), qui mentionne l’espionnage de Jomode Elie Getty : « Nous croyons qu’il faut demander à nos délégués par le bureau populaire en France de le surveiller et de mettre ses contacts sur écoute, de les identifier et de les suivre, et de surveiller aussi ses mouvements afin d’empêcher les actes anti-libyens ».
 Aucun doute sur la qualité de la communication entre les services, puisqu’on peut lire à plusieurs endroits du dossier : « les Français nous répondent… ».

Dès le mois de novembre 2007, a-t-il déclaré à MediaPart, « il apparaît que les services libyens obtiennent des renseignements sur moi qui ne peuvent parvenir que des Français.
 Ils ont identifié mon pseudonyme dans ma correspondance avec d’autres militants – « Docteur » –, mon adresse à Toulouse, puis celle à Angers. Ils connaissent mes revenus (…) Ils élargissent leur enquête à mon entourage ».

 Autres coïncidences troublantes, ajoute Getty, alors qu’il a été cambriolé plusieurs fois, il découvre dans les dossiers cette phrase: « avons envoyé une équipe sur le terrain ».
 Pire encore, en août et en septembre 2010, son organisation perd neuf militants au Niger.
 Or il lit dans les archives cette phrase sans ambiguïté : « avons neutralisé certains amis du docteur ».

Ces révélations gênantes interviennent dix jours avant l’élection présidentielle.
 Si Sarkozy perdait les élections, il perdrait du même coup son immunité et pourrait bien se retrouver bientôt face à des poursuites judiciaires…
Zoé Deback

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