La justice encore une fois instrumentalisée pour réduire au silence les journal
Nizar Belhassine, correspondant de Radio Kalima et militant associatif et politique a comparu le 16 mars 2010 devant le tribunal cantonal de La Chebba (gouvernorat de Mahdia, 220 km de Tunis) pour « troubles à l'ordre public, insultes et atteinte aux bonnes moeurs ». Il risque un an de prison ferme pour ces accusations.
Selon son avocat, cette affaire a été montée de toutes pièces suite à un reportage qu'il a effectué en février dernier pour Radio Kalima à la Goulette (banlieue Nord de Tunis) où il avait mené une enquête sur une expropriation illégale de citoyens qui ont été expulsés manu militari de l'immeuble dont ils sont propriétaires en vue d'attribuer leur terrain à des proches de Ben Ali.
Les faits qui lui sont reprochés remontent au 27 juin 2009; il avait ce jour là participé à un sit-in devant la mairie à l'appel de l'association « Taleb Chebbi » dont il est membre pour protester contre le blocage des fonds publics dont est victime cette association depuis trois ans pour cause d'indépendance.
Malgré son caractère pacifique, ce sit-in avait été violemment réprimé par la police.
Cinq heures plus tard Nizar a reçu une convocation et s'est rendu au poste de police d'où il a été transféré à Mahdia, interrogé par la police politique et gardé à vue à Mahdia jusqu'au lendemain.
Puis il a été relâché et l'affaire classée,
Nizar Ben Hassine avait reçu sa convocation à comparaitre quatre jours après la diffusion de son sujet sur les expropriés de La Goulette qui a connu un grand succès et a été largement reproduit et commenté sur le réseau social Facebook.
Selon ses avocats, le dossier judiciaire est vide de tout élément de preuve; il ne comporte aucune plainte émanant d'une victime de ces prétendues atteintes à 'honneur par des insultes.
Le caractère fallacieux de cette affaire apparaît encore davantage à travers l'insertion dans le dossier de deux faux témoignages à charge; Les deux témoins cités ont dénié avoir jamais été entendus par la police judiciaire sur cette affaire ni avoir jamais été présents sur les lieux lors du sit-in; Selon l'avocat, ces deux témoins ont subi des pressions et des menaces d'emprisonnement de la part du chef de poste de la Chebba pour revenir sur le témoignage innocentant Nizar.
L'un de ces témoins a fourni à l'avocat de Nizar, maître Hicham.Garfi une attestation écrite où il dénonce les déclarations qui lui sont attribuées par la police et réitère sa disposition à témoigner devant la Cour.
Le second a fait part de la même disposition mais il a été entre temps arrêté suite à une descente policière musclée à son domicile et plus personne ne sait où il se trouve actuellement.
Le premier témoin a été empêché, le jour de l'audience, d'accéder au palais de justice par les agents de la police politique.
Pire encore, le cordon policier qui bouclait le palais a interdit à l'accusé lui même de se rendre dans la salle d'audience; il a fallu que son avocat proteste énergiquement auprès du procureur pour qu'on le laisse entrer.
Cette audience s'est déroulée dans un climat de tension policière extrême; la police a non seulement quadrillé le palais de justice, mais également bouclé tous les accès y menant; Une dizaine d'avocats venant de la capitale et d'autres villes ont été confrontés à des barrages policiers abusifs (5 barrages à l'entrée de la ville sur une distance de 5 km) afin qu'ils ne parviennent pas à temps à l'audience; Et de fait, résidant dans la ville, maître Garfi a été le seul avocat qui a pu arriver dans les délais au tribunal; il a été contraint de demander le report de l'audience afin que les nouveaux avocats, qui se sont constitués volontairement par solidarité avec Nizar, puissent prendre connaissance du dossier.
L'affaire sera examinée à nouveau le 30 mars prochain.
Par ailleurs, l'audience, sensée être publique, s'est déroulée de fait à huis clos; aucun journaliste, aucun ami ou proche de Nizar n'a été autorisé à entrer dans la salle d'audience qui était remplie de policiers en civil.
L'OLPEC
- considère que Nizar Ben Hassine n'a fait qu'exercer son droit à l'expression par des voies pacifiques et qu'il est en réalité poursuivi pour avoir révélé dans le cadre de son travail journalistique un cas de corruption et d'abus de pouvoir.
- dénonce ce nouveau cas d'instrumentalisation de la justice pour réduire au silence les journalistes et les défenseurs de droits humains.
- Exige la cessation des poursuites contre Nizar Benhassine et appelle l'Etat tunisien à respecter ses engagements en matière de respect de la liberté de presse et d'expression.
Pour l'Observatoire
Le président
Mohamed Talbi
Tribune
Veut-on escamoter la justice transitionnelle?
Alors
que le gouvernement tunisien s’est engagé à élaborer une Loi sur la Justice
transitionnelle courant 2012, le ministère du même nom en est encore à débuter
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bien escamoter le véritable processus de recherche de vérité. Bilan des
avancées réalisées… et des reculs encore à craindre.L’éducation passée au crible de l’ONU
« Bien, mais peut mieux faire », a noté le
rapporteur spécial des Nations-Unies en marge de la copie de l’élève Tunisie.
L’occasion de faire un état des lieux de l’éducation.
« Les libertés académiques ont souffert ces derniers
mois en Tunisie », estime Kishore Singh, le rapporteur spécial de l’ONU
sur le droit à l’éducation, qui a tenu une conférence de presse le 9 mai.
« Au nom d’un certain...HRW pointe les failles de la justice tunisienne face aux crimes graves
L’ONG revient sur le premier procès pour torture du pays, le 12 avril, qui a accouché d’un verdict calamiteux. Elle démontre point par point les réformes nécessaires pour les procès à venir.LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE
MONSIEUR HAMADI JEBALI
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