LES LARMES DE CROCODILES
….ET LES TENTATIVES VISANT A RÉDUIRE LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE
L’annonce de trois jours de Deuil national, est une manœuvre politique, menée par les apparatchiks du gouvernement BEN ALI bis, qui tend à récupérer une crédibilité anéantie. Ceux-ci, et jusqu’à la chute de leur maître, tentaient d’obtenir l’appui de puissances étrangères, pour préserver la dictature et leurs privilèges. Leur complicité dans une des plus meurtrières dictatures du monde arabe, ainsi que la complicité avérée, d’au moins un membre de l’actuel gouvernement, dans la spoliation des biens publics, affecte ce deuil d’une connotation politicienne irrecevable.
Notre peuple a réussi l’exploit de se libérer, sans interférence étrangère, sans aucun parti et sans Zaïm, d’une des plus horrible machine sophistiquée d’avilissement et de soumission d’un peuple. Il nous a, de ce fait, adressé deux messages :
Le premier, concerne son refus définitif de vivre sous le joug d’aucun pouvoir, et d’aucune élite qui ne respecte pas sa volonté. Ce faisant, il rétablit la prééminence de l’article fondamental de notre constitution, qui a trait à la souveraineté du peuple, laquelle été violée dès les premières années de l’indépendance !
Le deuxième message historiquement inédit, et dont la portée sera décisive pour l’avenir du pays, est le rejet par le peuple de tout ZAÏM (ou ‘’homme fort’’) qui est à l’origine de toute les dérives dictatoriales et néo coloniales, qu’a connu notre pays depuis 56ans!
Il appartient donc à l’élite digne de notre pays, de se mettre au service de son peuple pour la concrétisation de sa volonté, et pour couper court à toute tentative intérieure ou étrangère, de le déposséder de sa victoire, pour la liberté et la dignité ! Toute manœuvre ou tergiversation, au nom du réalisme politique, de se situer au dessous de ce niveau d’exigence, relève de la cécité égocentrique, ou de la trahison des martyrs. Martyrs, sur lesquels les ministres de l’ancien régime (encore en poste ?!), versent à présent des larmes de crocodile, alors qu’ils n’ont pris aucune distance du pouvoir criminel durant les massacres et viols, perpétrés sous leurs yeux!
Il n’y a pas de concession à tolérer, au sujet de la dissolution de l’assemblée nationale fantoche, ainsi que du sénat (dont la plus haute autorité, représentée par Kallel, a tenté la fuite) en vue de la mise en place de l’assemblée constituante (formée par des représentants de toutes les villes et villages qui se sont insurgés, et qui doivent occuper la majorité des sièges ; ainsi que des représentants des associations et partis politiques, clairement opposés a l’ancien régime, et des personnalités, y compris du RCD après sa dissolution) qui doit exercer son autorité sur le gouvernement ( lequel n’aura pour mission que de conduire les affaires courantes) et de rédiger la nouvelles constitution, qui verrouillera toute possibilité de dérive anti démocratique, ou de spoliation de la volonté populaire. Cette voie qui doit aboutir à un régime parlementaire, en rupture avec le régime présidentiel, permettra de couper court aux ambitions incongrues de certains ‘’leader’’, et de limiter les dissensions dans le rang des opposants, qui ne peuvent que parasiter le débat de fond.
Cette future constitution Tunisienne qui doit garantir la souveraineté du peuple, sera bâtie sur les valeurs de justice, de liberté et d’équité ; elle doit être aussi innovante et aussi avant-gardiste, à l’image de la révolution du peuple tunisien ; dont la culture multimillénaire autorise ce rêve. Il appartient donc aux juristes, de ne pas s’enfermer dans leur savoir académique redondant, et d’être à l’écoute du peuple, pour la conception des articles de la constitution, qui doit intégrer toutes les subtilités, garantissant l’éclosion d’un développement culturel, matériel et moral, digne de notre patrimoine culturel. Il faudrait, pour ce faire, un effort de la part de l’élite tunisienne, pour combler le lourd déficit d’humilité qu’elle traine, en raison d’une culture mégalomaniaque, qui a gagné son inconscient collectif, après 56ans de culte de la personnalité.
Il n’y a pas de concession à tolérer sur la revendication du peuple concernant le limogeage de tous les complices actifs ou passifs du régime de BEN ALI, dans le gouvernement actuel ; à L’exception, peut être, de Kamel MORJANE, qui est le seul à avoir démissionner avant la chute du chef mafieux (témoignant de son indignation pour les massacres perpétrés contre nos concitoyens). Garder MBAZAA et GHANNOUCHI, peut faire l’objet d’une concession, à la condition que GHANNOUCHI ne soit pas premier ministre, mais membre du gouvernement, ailleurs que dans un ministère de souveraineté ; tous les ministères de souveraineté doivent être entre des mains de personnalités, qui ont la confiance du peuple.
Il n’y a pas de concession à l’exigence de la demande populaire d’extradition de BEN ALI (et de sa famille en fuite) pour être juger dans notre pays. A cette occasion, le peuple Tunisien offrira une leçon de civilité et de respect des droits humains ( dont notre peuple est profondément imprégné) en offrant à BEN ALI ce qu’il n’a jamais accordé a son propre peuple, à savoir le respect de son intégrité physique ainsi que celle des siens, et un procès équitable sans condamnation à la peine de mort , malgré ce que prévoit la loi ( qu’il faut abroger) et les crimes contre l’humanité dont il est coupable. Ce procès, outre sa légitimité, aura une double valeur symbolique (l’une pour le futur de la Tunisie, et l’autre pour les gouvernements et ’’penseurs’’, qui nous considèrent culturellement inaptes, pour bâtir une démocratie)
J’entends ici et là des appels au refus de l’exclusion. Je partage avec conviction ce principe fondamental d’une vraie république citoyenne, mais je m’élève contre les amalgames et les généralités vidées de leur sens ! Jusque là c’est les islamistes et les citoyens dignes qui ont été exclus, et nous nous battrons jusqu’au bout, contre les relais tunisiens de la propagande occidentales (qui n’ont jamais été inquiété par BEN ALI !!!) se présentant comme défenseurs des droits de l’homme ou de la femme, et qui réclament l’exclusion des islamistes du champ politique. Les islamistes sont les victimes du régime dictatorial et sont représentatifs d’une frange non négligeable du peuple tunisien, qu’il serait scandaleux d’exclure ! Cessez donc de les craindre, car, outre leur poids, garantissant la non ingérence étrangère dans nos affaires, ils ne représentent aucun danger dans le cadre d’un régime parlementaire, où tous les droits individuels seront consacrés par la nouvelle constitution. Quant au RCD (dont le peuple réclame la disparition !), exclure la machine qui a consolidé la dictature et généralisé l’exclusion, n’est pas faire preuve d’exclusion, mais lutter efficacement contre l’exclusion ! Si nous avions appelé à interdire toute nouvelle formation politique, fondée par les membres de l’ancien régime, s’aurait été, en l’occurrence, faire preuve d’exclusion.
Quant au « vide politique » agité comme épouvantail par les requins de l’ancien régime, réveillez vous, il ne date pas d’aujourd’hui, mais du temps de BEN ALI, où seul l’administration fonctionnait et continue de fonctionner aujourd’hui ! Il faut simplement nommer à leur tête des personnalités susceptibles de ne pas trahir la volonté populaire, et qui préserveront ces mêmes administrations des pillages de documents compromettants.
L’étape cruciale que nous vivons aujourd’hui, exige de chacun d’entre nous de retrouver la sérénité d’esprit, dans l’accomplissement de nos devoirs individuels et communs ; sans perdre de vue la hiérarchie des priorités, de ce moment historique.
La civilité exemplaire dont fait preuve notre peuple, autant que sa maturité exceptionnelle et sa vigilance étonnante, sont les gages d’une réussite certaine, si nous saurons éviter toutes querelles subalternes et tout attentisme, dans la réalisation des objectifs de l’heure.
Le 21/01/2011
P.S : L’interview de FRIAA, qui vient de se dérouler à l’instant où j’achève la rédaction de ce texte, ne modifie en rien la nécessité de son limogeage( pour inadéquation au poste, doublé de non adhésion manifeste à cette révolution populaire), malgré des progrès significatifs particulièrement au niveau du contenu et du ton, où, dans un exercice acrobatique (il parle enfin de la révolution !!!),il tente de se métamorphoser, en conformité avec l’actualité, en restant bien en deçà des priorités (démantèlement de tout le staff de BEN ALI , à commencer par GANZOUI, nomination de fonctionnaires propres à la tête des différentes administrations clé du ministère de l’intérieur, neutralisation de toute la police politique, qui continue son activité, même si elle se fait très discrète…etc.)
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hela beja * a écrit le 24.01.2011 12:17
il faut continuer jusqu au chute du regime de tout le regime
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nadou * a écrit le 23.01.2011 09:59
Morjane a démissioné avant la chute du gouvernement uniquement parce qu-il était en contact direct avec les américains qui ont décidé de lacher la bande à Ben Ali de plus il est leur dauphin pour être président
Tribune
Veut-on escamoter la justice transitionnelle?
Alors
que le gouvernement tunisien s’est engagé à élaborer une Loi sur la Justice
transitionnelle courant 2012, le ministère du même nom en est encore à débuter
les consultations. Quant à son projet de Loi sur la Réparation, il pourrait
bien escamoter le véritable processus de recherche de vérité. Bilan des
avancées réalisées… et des reculs encore à craindre.L’éducation passée au crible de l’ONU
« Bien, mais peut mieux faire », a noté le
rapporteur spécial des Nations-Unies en marge de la copie de l’élève Tunisie.
L’occasion de faire un état des lieux de l’éducation.
« Les libertés académiques ont souffert ces derniers
mois en Tunisie », estime Kishore Singh, le rapporteur spécial de l’ONU
sur le droit à l’éducation, qui a tenu une conférence de presse le 9 mai.
« Au nom d’un certain...HRW pointe les failles de la justice tunisienne face aux crimes graves
L’ONG revient sur le premier procès pour torture du pays, le 12 avril, qui a accouché d’un verdict calamiteux. Elle démontre point par point les réformes nécessaires pour les procès à venir.LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE
MONSIEUR HAMADI JEBALI
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