L'ATFD présente devant l' N. U l'autre face des droits des femmes tunisiennes

Proposé par redaction le lundi 18 octobre 2010

Du 4 au 22 octobre se tient à Genève la 47e session du Comité des nations unies pour l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes (CEDAW), Le Comité a examiné le rapport officiel de la Tunisie sur les progrès accomplis dans l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes conformément aux engagements pris dans le cadre de la convention onusienne, notamment dans la vie politique et publique.
L'association tunisienne des femmes démocrates a présenté à cette occasion un rapport alternatif qui met à nu la face cachée du féminisme d'Etat qui sert de faire valoir démocratique.
 Tout en soulignant les acquis de la Tunisie en matière des droits des femmes, le rapport pointe « l’autoritarisme du pouvoir, l’amenant à réprimer toute voix discordante » et « les effets désastreux sur la liberté d’association.
 Les associations autonomes y compris les associations de femmes pourtant reconnues telles que l'ATFD...sont souvent écartées des consultations.
Elles sont également écartées des médias (radio et télévision) » Le rapport dresse un véritable réquisitoire contre l'interdit qui frappe toute activité publique, il dénonce: « Les espaces publics sont souvent refusés aux militantes de ces ONG : elles se trouvent dès lors obligées de mener leurs activités en faveur des droits des femmes uniquement dans leurs locaux dont l’exiguïté n’est pas favorable à la diffusion de leur discours frappé d’interdit en raison de sa non conformité avec celui autorisé par le pouvoir. »
 Même la vie privée n'échappe à cet étau: « La liberté de circulation des militantes est elle-même menacée : passeports retenus pour les unes, ennuis tels que fouilles au corps non justifiées pour d’autres, vérification de papiers et empêchement de se déplacer d’une région à l’autre sur le territoire tunisien sans autre motif que celui de les empêcher de faire entendre leur voix et d’exercer leur citoyenneté.
« Le courrier électronique est intercepté, les mails souvent bloqués. » lit-on encore dans ce rapport; tandis que « La solidarité est criminalisée : des procès iniques ont été intentés contre des femmes qui ont exprimé leur solidarité aux femmes du bassin minier de Gafsa (été 2008).
 Aux condamnations s’ajoute la perte de leur emploi. » « Des campagnes de diffamation contre les défenseurs des droits humains, hommes et femmes sont menées en toute impunité. Les associations ne disposant pas du droit de se constituer partie civile, les auteurs de multiples agressions à l’encontre de leurs militantes ne sont jamais poursuivis. »
 « La participation des femmes à la vie politique devient ainsi, une véritable épreuve de force à laquelle il n’est pas encourageant de s’essayer.
C’est pourtant dans ce contexte défavorable que L’ATFD continue à agir. » conclut le rapport.

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