Interdiction de voyager à l'encontre du défenseur Ali Ben Salem
Le défenseur des droits humains M. Ali Ben Salem, âgé de 78 ans, a été empêché de quitter
Le territoire le 26 novembre 2010, alors qu'il devait prendre part à divers événements à Barcelone.
L’ONG Frontline defenders a dénoncé dans un communiqué cette nouvelle restriction contre la liberté de mouvement de Ali Ben Salem et demandé aux autorités tunisiennes de :
«- Abandonner la mesure de facto d'interdiction de voyager prise à l'encontre d'Ali Ben Salem et lui permettre l'exercice plein et légitime de son droit à la liberté de mouvement.
-Mettre fin à la poursuite en diffamation contre Ali Ben Salem ouverte en 2006 et laissée sans suite pendant quatre ans, étant donné que le fait de laisser ce dossier ouvert sans aucune suite semble être uniquement motivé par la volonté de continuer le harcèlement contre Ali Ben Salem, par exemple en lui interdisant de voyager.
Rappelons qu’Ali Ben Salem est le membre fondateur de plusieurs organisations de défense des droits humains en Tunisie, y compris le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) et l'Amicale nationale des anciens résistants (ANAR). Il est également président de la section de Bizerte de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH).
Le 26 novembre 2010, Ali Ben Salem s'est rendu à l'aéroport de Tunis-Carthage pour prendre un vol pour Barcelone, en Espagne. Vers 8h du matin, la police des frontières l'a empêché de quitter le territoire prétextant une poursuite judiciaire à son encontre, notamment une poursuite en diffamation lancée contre Ali Ben Salem en juin 2006 suite à un communiqué qu'il avait publié au nom de la LTDH sur le traitement des prisonniers politiques en Tunisie.
Depuis son lancement en 2006, l'affaire est restée au niveau de l'instruction.
Normalement, les délits de diffamation sont prescrits après trois ans.
Soit Ali Ben Salem aurait dû être jugé, soit les poursuites auraient dû être éteintes.
La police politique restreint ou interdit tout accès à la maison d’Ali Ben Salem depuis 2005.
Il s’agit, selon les ONG de droits humains de représailles à la plainte pour tortures que Ben Salem avait déposée auprès du Comité des Nations unies contre la torture (CAT) et qui a été déclarée recevable et a fait l’objet d’une communication au gouvernement tunisien en vue d’ouvrir une enquête sur les allégations de tortures de Ali Ben Salem dans les locaux de la police d’El Manar en 2000.
Ali Ben Salem se rendait à Barcelone pour prendre part à une réunion organisée par le CNLT et d’autres ONG espagnoles sur le partenariat Euromed, ainsi qu'à la cérémonie de remise du prix Hachemi Ayari, dont il est président de jury. Ces deux événements ont été organisées le 26 novembre à Barcelone parce que, selon le CNLT, les autorités tunisiennes ne permettraient pas qu'ils se tiennent en Tunisie. Les membres du CNLT sont empêchés de tenir des réunions à Tunis et interdits d'entrer dans leur local depuis un an et demi.
Par ailleurs les participants au colloque ainsi que ses organisateurs, le Pen Català, Sodepau, Acsur, Sicom, REMDH, CRLDHT et le CNLT ont publié un communiqué commun dénonçant cette atteinte à la liberté de mouvement du défenseur Ali Ben Salem.
Tribune
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Alors
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