Emeutes de Sidi Bouzid: 8e jour

Les émeutes qui ont éclaté le 17 décembre dans le Gouvernorat de Sidi Bouzid, suite à l'immolation par le feu d'un jeune diplômé chômeur, se poursuivent. Les violences entre manifestants et forces de sécurité dans la région de Sidi Bouzid ont pris une tournure préoccupante le vendredi 24 décembre. A Menzel Bouzayane, lors des affrontements, un manifestant a été tué par des tirs à balles réelles, et des dizaines de personnes ont été gravement blessées.
Une marche massive a eu lieu dans les rues de la ville de Menzel Bouzayane, rassemblant selon des témoignages des milliers de manifestants de couches sociales différentes. La police a violemment réprimé la manifestation par un usage disproportionné des bombes lacrymogènes et des tirs à balles réelles, tuant ainsi le jeune Mohammed Al Amari, un diplômé chômeur.
Ce décès a alimenté la colère des manifestants, qui ont lancé des pierres sur les forces de sécurité et mis le feu à trois voitures de la Garde nationale (gendarmerie) dont les agents lançaient des bombes lacrymogènes et tiraient à balles réelles. Certains ont également incendié le siège de la Garde nationale et celui du RCD, parti au pouvoir, selon des sources syndicales. Nous avons appris que les autorités avaient envoyé d’importants renforts de sécurité dans la ville de Menzel Bouziane, où des colonnes de fumée s’élevaient de toutes parts.
Selon des sources médicales, plus de trente blessés ont été admis dans les hôpitaux du Sned et Houssine-Bouziane de Gafsa. Un nombre similaire de blessés ont également été transportés vers les hôpitaux de la ville de Sfax. Selon nos sources à l’hôpital Habib Bourguiba de Sfax, deux jeunes hommes, Mohamed Lamine (19 ans) et Rami Ouled Nasr (20 ans), se trouvent dans état très critique, tandis que la police politique a encerclé l'hôpital pour empêcher toute visite.

Dans la soirée du vendredi, la police, avec l'aide d'un certain nombre de milices appartenant au parti RCD, a fait des ratissages. Elle a fouillé des logements à l'aide de chiens policiers et arrêté des dizaines de jeunes gens accusés d'avoir participé aux manifestations. D’autre part, des boutiques ont été pillées et dévastées par des policiers et des miliciens.
Dans la ville de Meknassi ; le professeur Issam Elghabri a été enlevé. Il a été soumis à de graves tortures par les forces de sécurité, puis jeté dans un fossé à l’extérieur de la ville. L’Union Régionale du Travail de Meknassi a organisé un sit-in, suivi d'une marche dans les rues de la ville, qui a été réprimée par les forces de sécurité à l’aide de gaz lacrymogènes. Selon des témoins oculaires, les forces de sécurité mènent une campagne de raids et d'arrestations dans la ville assiégée, et un couvre-feu a été imposé à partir de huit heures du soir.

A Bizerte également, en réaction aux événements de Sidi Bouzid, de nombreux habitants se sont rassemblés en face de l'Union Régionale du Travail en criant des slogans solidaires avec la population de Sidi Bouzid. Ils ont aussi déposé une pétition auprès du Bureau exécutif de l’Union Générale du Travail et ont exigé la formation d’une commission régionale pour activer et intensifier l’élan de solidarité avec la population de Sidi Bouzid.

Enfin, depuis vendredi des rassemblements syndicaux ont eu lieu suite à l’appel des Unions Régionale de Sfax, Kairouan et Sousse. D’autres personnes se sont rassemblées place Mohammed Ali, devant le siège de l’UGTT à Tunis pour exprimer leur soutien et leur solidarité avec la population de Sidi Bouzid.

Quant au ministère de l'Intérieur et du développement local, dans une communication publiée par l'Agence Tunis Afrique Presse (TAP), il a rejeté sur les manifestants la responsabilité des événements sanglants qui ont lieu à Menzel Bouzayane, en affirmant: "Les agents de la garde nationale ont essayé de les dissuader en leur adressant des avertissements et en procédant à des tirs de sommation. Ces groupes ont, toutefois, poursuivi leurs tentatives pour pénétrer dans le poste de la Garde Nationale en lançant des cocktails Molotov, ce qui a amené certains agents de la garde nationale à recourir aux armes dans le cadre de la légitime défense.

Cet incident a fait un mort et deux blessés parmi les assaillants. Plusieurs agents de la Garde Nationale ont subi des brûlures.Deux d'entre eux sont dans le coma."

Les commentaires sont la propriété de leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leurs contenus !


  1. *  a écrit le 30.12.2010 13:30
    je crois que la jeunesse tunisienne souffre d'un manque de perspectives dans un pays où le RCD règne sans partage sur 11 millions d'individus moins les affairistes, les corrompus, les hommes-liges, tous ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change dans la société tunisienne. Le régime du président Zine abidine Ben Ali s'appuie sur une police politique et les milices du RCD pour réduire au silence toute la jeunesse tunisienne et les hommes politiques courageux. Ce n'est pas le pays du sourire et de l'amitié comme la propagande du RCD et du pouvoir tentent de faire croire. C'est le pays de la torture, de la mort des opposants et des islamistes. J'appelle les Français à boycotter la destination Tunisie pendant tout le mois de janvier 2011 en signe de solidarité avec les Tunisiens et contre un régime despotique et corrompu. Le silence tue en Tunisie des milliers de personnes. Les violences de Sidi Bouzid sont l'illustration vivante que rien ne fonctionne vraiment en Tunisie et que l'administration tunisienne, héritage du colonialisme français, ne permet pas à des jeunes sans emploi de prendre l'initiative d'un emploi ou d'un commerce pour survivre. Il faut beaucoup d'autorisations aux pauvres pour exister très peu à ceux qui sont autour du pouvoir et qui bénéficient des largesses du régime. Il existe une Loi pour les pauvres, une Loi pour les riches et les affairistes.
  2. *  a écrit le 30.12.2010 13:30
    je crois que la jeunesse tunisienne souffre d'un manque de perspectives dans un pays où le RCD règne sans partage sur 11 millions d'individus moins les affairistes, les corrompus, les hommes-liges, tous ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change dans la société tunisienne. Le régime du président Zine abidine Ben Ali s'appuie sur une police politique et les milices du RCD pour réduire au silence toute la jeunesse tunisienne et les hommes politiques courageux. Ce n'est pas le pays du sourire et de l'amitié comme la propagande du RCD et du pouvoir tentent de faire croire. C'est le pays de la torture, de la mort des opposants et des islamistes. J'appelle les Français à boycotter la destination Tunisie pendant tout le mois de janvier 2011 en signe de solidarité avec les Tunisiens et contre un régime despotique et corrompu. Le silence tue en Tunisie des milliers de personnes. Les violences de Sidi Bouzid sont l'illustration vivante que rien ne fonctionne vraiment en Tunisie et que l'administration tunisienne, héritage du colonialisme français, ne permet pas à des jeunes sans emploi de prendre l'initiative d'un emploi ou d'un commerce pour survivre. Il faut beaucoup d'autorisations aux pauvres pour exister très peu à ceux qui sont autour du pouvoir et qui bénéficient des largesses du régime. Il existe une Loi pour les pauvres, une Loi pour les riches et les affairistes.




Tribune

Veut-on escamoter la justice transitionnelle?

Alors que le gouvernement tunisien s’est engagé à élaborer une Loi sur la Justice transitionnelle courant 2012, le ministère du même nom en est encore à débuter les consultations. Quant à son projet de Loi sur la Réparation, il pourrait bien escamoter le véritable processus de recherche de vérité. Bilan des avancées réalisées… et des reculs encore à craindre.

L’éducation passée au crible de l’ONU

« Bien, mais peut mieux faire », a noté le rapporteur spécial des Nations-Unies en marge de la copie de l’élève Tunisie. L’occasion de faire un état des lieux de l’éducation. « Les libertés académiques ont souffert ces derniers mois en Tunisie », estime Kishore Singh, le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’éducation, qui a tenu une conférence de presse le 9 mai. « Au nom d’un certain...

HRW pointe les failles de la justice tunisienne face aux crimes graves

L’ONG revient sur le premier procès pour torture du pays, le 12 avril, qui a accouché d’un verdict calamiteux.  Elle démontre point par point les réformes nécessaires pour les procès à venir.

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE

   MONSIEUR HAMADI JEBALI        

Calendrier

Mai 2012
  1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31
 
Aucun évènement aujourd'hui.

Vote article

Score estimé: 5
Vote(s): 4

stars-5

Prenez une seconde pour voter pour cet article:
Excellent
Très bien
Bien
Moyen
Mauvais

Tous les logos et les marques présentes sur ce site appartiennent à leurs propriétaires respectifs.
Des détails sur les copyrights et les modules installés peuvent être trouvés Ici.
Les commentaires, les articles et le contenu sont quand à eux sous la responsabilité de leurs rédacteurs.
© 2009 - 2012 by Radio Kalima -Tunisie
Vous pouvez syndiquer le contenu de ce site : Flux-RSS/RDF.